

Qu'est ce que la capsulite rétractile de l'épaule et comment la diagnostiquer ?
Chirurgie de l'épaule à Bezons
Pathologie
La capsulite rétractile est une pathologie qui survient en général après un traumatisme, mais parfois de façon spontanée. Parfois, le traumatisme est anodin. Cette capsulite rétractile complique parfois une procédure chirurgicale.
Elle touche plutôt les femmes après 50 ans, mais parfois les hommes. Elle entraîne une raideur articulaire importante avec souvent des douleurs intenses. Toutes les articulations peuvent être touchées et l’épaule fait partie des premières.
Comme toutes les articulations, l’épaule est entourée d’une capsule articulaire qui entoure l’articulation « lubrifiée » par le liquide articulaire (ou synovial). Cette capsule articulaire devient parfois inflammatoire et se rétracte : c’est la capsulite rétractile. Le volume articulaire est donc plus réduit et l’articulation moins mobile. Cette inflammation est souvent douloureuse.
Capsulite rétractile de l'épaule à Bezons
Docteur Poulain spécialiste de l'épaule
Bilan préopératoire ou comment faire le diagnostic
Le diagnostic de la capsulite rétractile se fait à l’examen clinique et est assez simple. Le patient a une grande difficulté à mobiliser son épaule mais l’examinateur ne peut pas la mobiliser en passif non plus, ce qui indique un blocage mécanique. Une injection de produit de contraste (soit arthrographie soit arthroscanner) dans l’articulation permet de mettre en évidence une réduction du volume articulaire, confirmant également la capsulite. L’IRM peut montrer une prise de contraste des ligaments gléno-huméraux antéro-inférieur et antéro-moyen mais ne permet pas d’établir un diagnostic de certitude. Une scintigraphie osseuse peut révéler une hyper vascularisation localisée à la face antéro-inférieure de l’épaule.
Prise en charge thérapeutique
Le traitement de la capsule rétractile est exceptionnellement chirurgical.
La pathologie évolue en trois phases de durée à peu près équivalente et peut durer jusqu’à deux ans. La première phase est une phase inflammatoire avec une raideur de l’épaule et des douleurs importantes. La deuxième phase est moins douloureuse mais l’épaule reste difficile à mobiliser. La troisième phase est celle de la guérison avec en général un retour à l’état antérieur sans séquelle.
Une arthro-distension peut être utile, en particulier lors de la première phase inflammatoire. Elle est réalisée par les radiologues et consiste à faire une distension de la capsule articulaire avec un cocktail d’anti-inflammatoires et de produits anesthésiques. Cette arthro-distension peut être répétée trois fois en cas d’inefficacité des deux premières.
Par ailleurs, une prise en charge fonctionnelle par des kinésithérapeutes spécialisés est nécessaire. La balnéothérapie est souvent utile.
La prise en charge chirurgicale qui consiste à ouvrir la capsule articulaire sous arthroscopie, est réservée aux patients en échec de traitement médical et fonctionnel depuis plus de deux ans et non diabétiques.
En résumé, l’arthro-distension et la kinésithérapie sont des options de traitement importantes, tandis que la chirurgie est réservée aux cas les plus complexes.
La chirurgie sous arthroscopie
La prise en charge chirurgicale des capsulites rétractiles est exceptionnelle. La chirurgie se fait sous arthroscopie et en ambulatoire. Elle consiste à exciser partiellement la partie antérieure de la capsule articulaire de l’épaule et à réaliser une capsulotomie dans la région antéro-inférieure de l’épaule. Il n’y a pas d’immobilisation en postopératoire. Au contraire, l’épaule doit être mobilisée en permanence par le patient pour conserver les résultats obtenus par la chirurgie.
Effectivement, la capsule articulaire peut se rétracter en cicatrisant, rendant l’épaule moins mobile. Par conséquent, il faut donc être bien vigilant et réaliser des exercices d’auto-rééducation tels que des rotations, des étirements et des levées de bras, et de la kinésithérapie de façon fréquente et régulière pendant le premier mois après l’intervention. Il est recommandé de faire des exercices de rééducation plusieurs fois par jour pendant environ 20 minutes à chaque séance.
Risques
Le principal risque est de ne pas complètement récupérer les amplitudes articulaires. Heureusement, la plupart des capsules articulaires guérissent complètement en moins de deux ans et sans séquelles. La guérison est plus rare chez les patients diabétiques, notamment ceux qui sont insulinodépendants, mais avec un traitement approprié, la plupart des patients récupèrent bien.
Suites opératoires
Elles sont simples : hospitalisation en ambulatoire, intervention sous anesthésie générale associée à une anesthésie locorégionale. Pansements imperméables et fils résorbables facilitent le confort post-opératoire. L’accent est mis sur l’importance des exercices d’auto rééducation et la kinésithérapie.
Résultats
En dehors des patients diabétiques insulino-dépendants en général, la guérison se fait sans séquelle avec une récupération complète des amplitudes articulaires et sans douleur.